08 mars 2007

Jin Roh

finalfuse1En me lançant dans l'écriture de cet article consacré à Jin Roh, je sais très bien qu'il me sera impossible de restranscrire à quel point cette oeuvre m'a boulversé. Mais je vais tout de même essayer de lui rendre justice, car ce film d'animation est bien plus qu'un simple divertissement, c'est une oeuvre profonde et troublante. Réalisé en 1998 par Hiroyuki Okuira (déjà animateur sur 'Akira' et character designer sur 'The Ghost in the Shell'), le scénario du film est signé par le maître Mamoru Oshii.

L'histoire se déroule à Tokyo, dans un après guerre hypothétique où la tutelle des USA n'existe pas. Le Japon devient peu à peu un état totalitaire, et les résistants se font de plus en plus nombreux. Ces derniers doivent faire face à l'unité Panzer, un groupe d'élite de la police chargé de la répression, dont tous les membres sont endoctrinés et surentrainés. Le jeune Fuse, membre de cette unité aux armures plus que dissuasives, est en pleine mission lorsqu'il tombe nez à nez avec un 'chaperon rouge', ces jeunes filles utilisées par la résistance pour les transports de ses explosifs. Alors que Fuse hésite un instant à ouvrir le feu, cette dernière se suicide en utilisant la bombe qu'elle transporte ...

Déboussolé par cette expérience, Fuse est hanté par ce souvenir : son absence de réaction mais aussi le geste de la jeune fille viennent bousculer ce que son entrainement lui a appris. Errant sans but précis, il rencontre par hasard la soeur de la rebelle en question. Au fil du temps, une relation se crée et peu à peu le jeune homme solitaire découvre les rapports humains. Mais cette rencontre n'est pas si fortuite que ça, et Fuse ne tarde pas à découvrir un complot visant à détruite les Panzer. Alors que tout est remis en question dans le monde de Fuse, on ne sait plus en qui avoir confiance. La découverte d'une 'Brigade des loups', groupuscule au sein même des Panzer, ne vient pas arranger les choses. Fuse a-t-il vraiment le contrôle de ses actes, ou est-il un simple pantin en mission malgré lui ?

jinroh1Malgré une toile de fond politique complexe, Jin Roh se concentre avant tout sur ses personnages. Ces derniers, humains derrières d'épaisses carapaces (à l'image des Panzer et de leurs armures), tentent de croire à un espoir, se laissent aller à des sentiments que leur interdisent leur mission respective. Ils se débattent dans leurs propres ficelles, tirées par les hautes sphères de chaque camp. Le spectateur, impuissant face aux complots et aux double jeux, ne peut que vibrer pour ces deux âmes tout au long de ces 101 minutes.

L'homme peut-il vraiment aller contre sa nature ? Telle est la question que soulève cette histoire. Touché en son fort intérieur, le spectateur souhaite y croire de tout coeur. Mais ce film est une oeuvre aussi dure que troublante, qui se doit de nous ramener à la triste réalité. Fuse est un 'Homme Loup' et les loups ne sont pas faits pour vivre auprès des humains. Jin Roh est une oeuvre fulgurante de beauté, au même titre que sa bande son, signée Hajime Mizogushi. Cette dernière, envoutante et puissante à la fois, participe à en faire une référence intemporelle, et rajoute encore de l'intensité à ce film, qui nous touche en plein coeur et reste gravé dans nos mémoires.

Les mots sont peu de chose pour décrire Jin Roh. Il ne faut pas le considérer comme une oeuvre d'animation mais comme un film à part entière. Sa qualité graphique, scénaristique et sonore lui font bien mériter ce statut. Un film est un mode d'expression à lui tout seul, je ne vous donnerai donc qu'un conseil, pour vous faire une idée sur la beauté et la force de Jin Roh, il faut le regarder !

Posté par V A A N à 19:00 - - Commentaires [0] - Permalien [#]


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