Blogamanga

09 mars 2007

FLCL (FuliCuli)

finalharukoAttention les yeux, gros délire en perspective. Tout d'abord animé puis porté au papier, FLCL (pour les intimes) est un manga sans queue ni tête qui nous retrace l'histoire de Naota, un jeune garçon taciturne et cynique qui erre sans but réel dans une ville où il n'y a rien. D'un naturel timide malgré les apparences, Naota est mal à l'aise avec les filles bien qu'il soit souvent suivi par Mamimi, la petite amie de son grand frère parti de la maison depuis longtemps.

Dans l'entourage de Naota, une étrange légende urbaine voit le jour, l'horrible histoire de "la fille à la Vespa" qui maltraite les honnêtes gens. Le hasard de la vie fait que notre jeune héros va bien malgré lui faire une rencontre des plus violentes avec la jeune fille en question (dans une scène d'anthologie). Haruko, de son petit nom, est une demoiselle complètement déjantée et psychotique à souhait. Proche de notre héros elle se balade continuellement avec un yukulélé et finit par se faire accepter comme employée de maison chez Naota. Il faut noter que pas une seule fois dans le manga on ne la verra travailler ce qui nous pousse à nous demander comment elle obtient son salaire. Dès lors tout devient étrange dans la vie de Naota : un robot sort de sa tête, son amie devient pyromane etc ... L'arrivée d'Haruko est un déclencheur qui entraînera notre héros dans une spirale d'incidents tous plus fous les uns que les autres. Notons d'ailleurs que ces incidents sont parfois cruellement irrationnels.

L'histoire bien qu'étrange nous offre un panel de personnages hétéroclites qui ne manqueront pas de vous faire rire, en particulier Haruko. En effet cette jeune fille de 19 ans prétend être une extra-terrestre appartenant aux "forces de la lumière" venues pour sauver cette planète en perdition (le plus drôle étant le fait qu'elle fasse ses rapports au chat de la maison). La force de ce personnage est d'être sans cesse là où on l'attend le moins et de toujours mettre Naota dans des situations incroyables. Au début rebuté par la présence d'une telle loufoque dans son entourage, Naota finira par s'y accommoder et apprendra (dans la mesure du possible) à vivre avec.

fuliculi1Créé par les studios Gainax, FLCL est le petit frère d'Evangelion qui avait également connu un passage en animé avant de devenir le chef d'oeuvre papier de Yoshiyuki Sadamoto. Pour sa part, FLCL est l'oeuvre du grand Hajime Ueda plus connu pour ses dôjinshi (mangas fait par des amateurs et parodiant d'autres oeuvres populaires) que pour ses création originales. Le graphisme est très brouillon et les traits gras ce qui accentue l'idée que Naota vit dans un monde incompréhensible et caricatural. Malgré tout nous ne sommes pas gênés outre mesure et la lecture reste très plaisante

Gainax a réussi à créer un univers complètement décalé et déjanté ou la logique bien que présente ne reflète pas la réalité du monde et où les réflexions personnelles se noient dans un océan d'irrationalité. Le héros se pose des questions mais elles ne sont jamais vraiment résolues et toujours suivies par de nouvelles interrogations. De l'humour, de l'action et un zeste de folie, voila tout le charme de FLCL qui ne manquera pas de ravir les amateurs de délires ininterrompus tels que moi. A la frontière entre un manga normal et un Excel Saga (qui est LE manga sans logique par excellence), FLCL est un ovni où le rire est roi, édité en deux tomes édité chez Pika !

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08 mars 2007

Jin Roh

finalfuse1En me lançant dans l'écriture de cet article consacré à Jin Roh, je sais très bien qu'il me sera impossible de restranscrire à quel point cette oeuvre m'a boulversé. Mais je vais tout de même essayer de lui rendre justice, car ce film d'animation est bien plus qu'un simple divertissement, c'est une oeuvre profonde et troublante. Réalisé en 1998 par Hiroyuki Okuira (déjà animateur sur 'Akira' et character designer sur 'The Ghost in the Shell'), le scénario du film est signé par le maître Mamoru Oshii.

L'histoire se déroule à Tokyo, dans un après guerre hypothétique où la tutelle des USA n'existe pas. Le Japon devient peu à peu un état totalitaire, et les résistants se font de plus en plus nombreux. Ces derniers doivent faire face à l'unité Panzer, un groupe d'élite de la police chargé de la répression, dont tous les membres sont endoctrinés et surentrainés. Le jeune Fuse, membre de cette unité aux armures plus que dissuasives, est en pleine mission lorsqu'il tombe nez à nez avec un 'chaperon rouge', ces jeunes filles utilisées par la résistance pour les transports de ses explosifs. Alors que Fuse hésite un instant à ouvrir le feu, cette dernière se suicide en utilisant la bombe qu'elle transporte ...

Déboussolé par cette expérience, Fuse est hanté par ce souvenir : son absence de réaction mais aussi le geste de la jeune fille viennent bousculer ce que son entrainement lui a appris. Errant sans but précis, il rencontre par hasard la soeur de la rebelle en question. Au fil du temps, une relation se crée et peu à peu le jeune homme solitaire découvre les rapports humains. Mais cette rencontre n'est pas si fortuite que ça, et Fuse ne tarde pas à découvrir un complot visant à détruite les Panzer. Alors que tout est remis en question dans le monde de Fuse, on ne sait plus en qui avoir confiance. La découverte d'une 'Brigade des loups', groupuscule au sein même des Panzer, ne vient pas arranger les choses. Fuse a-t-il vraiment le contrôle de ses actes, ou est-il un simple pantin en mission malgré lui ?

jinroh1Malgré une toile de fond politique complexe, Jin Roh se concentre avant tout sur ses personnages. Ces derniers, humains derrières d'épaisses carapaces (à l'image des Panzer et de leurs armures), tentent de croire à un espoir, se laissent aller à des sentiments que leur interdisent leur mission respective. Ils se débattent dans leurs propres ficelles, tirées par les hautes sphères de chaque camp. Le spectateur, impuissant face aux complots et aux double jeux, ne peut que vibrer pour ces deux âmes tout au long de ces 101 minutes.

L'homme peut-il vraiment aller contre sa nature ? Telle est la question que soulève cette histoire. Touché en son fort intérieur, le spectateur souhaite y croire de tout coeur. Mais ce film est une oeuvre aussi dure que troublante, qui se doit de nous ramener à la triste réalité. Fuse est un 'Homme Loup' et les loups ne sont pas faits pour vivre auprès des humains. Jin Roh est une oeuvre fulgurante de beauté, au même titre que sa bande son, signée Hajime Mizogushi. Cette dernière, envoutante et puissante à la fois, participe à en faire une référence intemporelle, et rajoute encore de l'intensité à ce film, qui nous touche en plein coeur et reste gravé dans nos mémoires.

Les mots sont peu de chose pour décrire Jin Roh. Il ne faut pas le considérer comme une oeuvre d'animation mais comme un film à part entière. Sa qualité graphique, scénaristique et sonore lui font bien mériter ce statut. Un film est un mode d'expression à lui tout seul, je ne vous donnerai donc qu'un conseil, pour vous faire une idée sur la beauté et la force de Jin Roh, il faut le regarder !

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06 mars 2007

Bremen

finalromioManga en 9 volumes, Bremen suit le parcours d'un groupe de jeunes musiciens dans le chaos de la capitale nippone. Par une belle nuit d'été, Reiji le guitariste fou de rock, rencontre Romio, le "chasseur de chasseurs de bourgeois" (il détrousse les racketteurs pour survivre). Entre ces deux rebelles se crée un lien que rien ne pourra altérer. Le comportement "rock" de Romio séduit immédiatement Reiji, qui décide d'abandonner sa petite vie minable en banlieue pour tenter sa chance à Tokyo.

Les deux compères y feront la rencontre de Ryô le batteur (la batteuse ?) et de Run le bassiste, et prendrons la décision de monter un monster band, les Bremen. Mais la voie du succès est semée d'embûches et les troubles-fête sont légion ...

Voilà pour la trame principale, Bremen est un manga simple, parfois trop, qui nous dépeint l'ascension d'un groupe d'adolescents qui n'hésitent pas à tout sacrifier pour aller au bout de leur rêve. Car pour arriver au sommet il faut plus qu'une simple envie. Le courage, la motivation, l'amitié et le charisme sont nécessaire pour gravir les échelons et devenir célèbre. Le tout nous est raconté avec un certain humour, peut être même de la naiveté. Les deux personnages principaux évoquent très vite un duo Onizuka / Ryuji caricaturé en rockeurs anarchistes. Le problème est que l'auteur semble chercher son style sans jamais aller au fond des choses : on ne tombe jamais à fond dans l'humour Shonen, ni dans la critique de la société telle qu'elle aurait pu être faite par un personnage immoral tel que Romio. Résultat : le tout est nuancé, et l'opinion du lecteur aussi ...

bremen1Bien loin de la qualité d'un Beck (voir notre article sur le blog) ou d'un Nana (que je développerai dans un prochain article), Bremen reste un manga plaisant pour les amateurs de rock ou tout simplement de musique. Le trait d'Haruto Umesawa est simple, sans grandes fioritures mais efficace et agréable à regarder. Côté scénario, l'intrigue est plaisante bien que basique, et rend la lecture intéressante, même si elle ne marquera pas les esprits. On peut néanmoins reprocher à l'auteur une conclusion beaucoup trop rapide qui aurait nécessité un ou deux volumes de plus. Umesawa dépeint le monde du spectacle sous un jour parfois acide et corrompu et nous propose ainsi une approche assez réaliste. Les sacrifices et la détermination dont font preuve les personnages pour atteindre la gloire sont donc mis en avant, même si on regrette que leur psychologie ne soit pas plus travaillée.

Édité chez 'J'ai lu', Bremen est un manga distrayant qui séduira sans impressionner. Loin des chefs d'oeuvres de la culture manga, il sait se faire une place timide dans une mangathèque. Je le conseille à tous les lecteurs qui ne veulent pas de prise de tête ou de scénario complexe. A lire pour se détendre ou passer le temps, sans s'attendre à une oeuvre en marge de la société.

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03 mars 2007

Les différents Manga

finalkarasuEn parcourant nos articles, vous êtes sans doute tombés sur des termes tels que 'Seinen' ou 'Shônen', utilisés par Begoud ou moi même pour définir un Manga. Ces termes japonais servent en fait à cataloguer les bandes dessinées nippones, et nous allons vous en faire un bref résumé pour plus de clairvoyance.
Les Manga visent des lecteurs différents selon leur histoire et leur graphisme, on distingue ainsi plusieures catégories répondant chacune à un nom bien précis :

- Les KODOMO, ou manga pour jeunes enfants : ces manga sont en général porteurs d'un message d’apprentissage, d'une morale….on retrouve parmis ces mangas les Pokemons, Digimon et autres.
- Les SHONEN ou manga pour adolescents mâles : baston, entraînement, violence, humour gras ou misogyne, baston, amitié virile, dépassement de soi et baston. Un style ciblant les jeunes garçons qui aiment les combats et les jolies filles (presque tout le monde quoi). On y retrouve Dragon ball ou encore Naruto.
- Les SHOJO ou manga pour adolescentes : des histoires complexes, des romances impossibles, des esprits troublés, des hommes androgynes et des larmes. On peut y voir un genre d'Arlequin japonais. Parfait pour les filles, plus rébarbatif pour les hommes. Mais ne soyons pas sectaires : les Shôjos peuvent aussi plaire aux garçons puisqu'ils mettent souvent en place des situations proches de la réalité. Les sentiments y ont une place prédominante et Fruits Basket me semble en être un bon exemple.
- Les SEINEN ou manga pour jeunes adultes (plutôt masculins) : souvent des histoires d’horreur où l’hémoglobine tient un rôle important. On y trouve aussi des intrigues policières, des critiques de la société. Ce genre de manga peut être représenté par Akumetsu, déjà évoqué sur ce Blog.
- Les JOSEI ou manga pour jeunes femmes adultes : idem que pour les Seinens mais en moins gore et plutôt axés sur les critiques de la société (souvent vue à travers les yeux d’une femme).

Il existe également les Seijins et les Redisu qui sont respectivement pour les hommes et les femmes adultes.
Notons aussi la présence de genres spécifiques, qui peuvent entrer dans plusieurs de ces catégories : le Yonkoma (en 4 cases souvent humoristique), le Gekiga (qui se déroule dans les années 60-70), le Ecchi (manga érotique), le Hentai (manga pornographique), le Suiri (manga tourné vers le meurtre), le Jidaimono (manga historique), le Shôjo-ai (romance sentimentale lesbienne), le Yuri (romance sexuelle lesbienne), le Shônen-ai (romance sentimentale entre hommes) et le Yaoi (romance sexuelle entre hommes).

Voilà, je pense que cet article, bien que court, suffit à illustrer à quel point la culture Manga vise tout le monde. Oubliez donc les préjugés datant du Club Dorothée. Au même titre que la bande dessinée franco-belge, le manga existe pour tous les goûts et pour tous les âges. Impossible donc de ne pas y trouver son compte ...

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01 mars 2007

Noise

finalsusonoNoise est un One Shot, c'est à dire un manga contenant une histoire complète en un seul volume. Nous le devons à l'excellent Tsutomu Nihei, un nom qui ne vous est peut être pas inconnu puisqu'il est l'auteur de Blame!, déjà évoqué sur ce blog. Noise est d'ailleurs, nous allons le voir, une sorte d'introduction à Blame! qui lève le voile sur quelques mystères tout en posant de nouvelles questions. C'est du Nihei au sommet de son art, toujours publié chez Glénat.

Nous voici donc de retour dans le monde démesuré et technologique de Blame, contrôlé par une entité cybernétique, mais dans une époque antérieure. L'héroïne de cette histoire se nomme Musubi Susono, et travaille pour la police aux côtés de son équipier Clauser. Lors d'une enquête sur de mystérieuses disparitions d'enfants, le duo est attaqué par les membres d'une secte aux pouvoirs terrifiants : ils peuvent en effet transformer en monstre les humains qui se dressent contre eux.

Grâce à une étrange épée, Susono parvient à venger la mort de son équipier et décide de poursuivre la secte en question. Mais elle ignore que les forces qui se dressent devant elle sont bien plus puissantes qu'elle ne l'imagine. Son enquête dans cet univers toujours froid et inhumain (moins que Blame, mais quand même !) la mènera à l'aube de grands boulversements, qui pourraient bien modifier la face du monde à jamais ...

noise1L'auteur nous propose ici un nouveau conte post apocalyptique, une oeuvre aussi pessimiste que Blame! Pourtant l'histoire se déroule plusieurs siècles avant celui ci, et nous permet de mieux le comprendre. Quelques informations cruciales sur le dédale futuriste nous sont ainsi fournies, comme par exemple l'origine des Silicates, la fonction des Sauvegardes ou encore la nature réelle des Terminaux Génétiques. Mais que les fans se rassurent, tous les secrets ne nous sont pas livrés, et il faudra une fois encore faire travailler son imagination pour appréhender ce manga.

Ce qui est sûr, c'est que c'est bien Nihei qui est aux commandes. Dès les premières pages, nous retrouvons les décors vertigineux dont il a le secret. Grâce à son trait vif, dynamique, parfois violent, il parvient à créer une immersion totale dans ces structures démesurées, à tel point que les différents endroits parcourus par notre héroïne attirent l'oeil autant que ses actions. Cette dernière nous prouve par ailleurs que les interractions sociales sont possibles chez l'auteur : la voir discuter avec d'autres humains suffit à créer un décalage avec le silence omniprésent de Blame!

Noise n'est donc pas une répétition de l'oeuvre majeure de Nihei, mais plutôt son complément. Lire l'un sans l'autre serait illogique, sauf pour ceux qui, rebutés par cet univers oppressant, décident d'arrêter l'aventure en route. Les autres seront ravis et en demanderont encore, d'autant que la deuxième partie de l'ouvrage constitue un véritable cadeau pour les fans : il s'agit en quelque sorte du prototype de Blame!, dans lequel on retrouve les premières esquisses de Killy ... que du bonheur!

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Berserk

finalgutsVoici une série des plus intéressantes dans l'univers Manga. Berserk fait partie de ces oeuvres dont le succès perdure depuis une vingtaine d'année, et qui au fil du temps a su gagner le statut de véritable épopée. Ce Seinen dont le titre est plus que révélateur (un 'Berserker' est, selon la légende, un guerrier habité d'une rage divine), nous est offert par le maître Kentaro Miura et publié (jusqu'à la fin cette fois, espérons-le) aux éditions Glénat. Ce qui au premier abord ressemble à une simple histoire de guerre sanglante, s'avère être un chef d'oeuvre complexe qui pousse à la réflexion ...

Berserk se déroule dans un monde médiéval dont l'architecture et le mode de vie ressemblent fort à l'image que nous avons du Moyen Age. Ce sont sur ces terres nommées Midland que l'on nous présente Guts : un individu solitaire, taciturne et surtout diablement dangereux. Armé d'une épée démesurée, d'un bras mécanique dissmulant un canon et d'autres gadgets meurtriers, il marche de ville en ville, ivre de vengeance. Ce n'est qu'au terme de plusieurs combats hyper violents contre d'inquiétants seigneurs (dont la forme démoniaque est bien vite dévoilée), que des explications nous sont fournies sur le pourquoi de sa quête. Et pour ce faire, l'auteur nous entraine bien des années auparavant ...

C'est alors que commence un long flashback, nous racontant l'enfance difficile de Guts. On y apprend comment son père adoptif, mercenaire de son état, le maltraite jusqu'à cette nuit fatidique où Guts doit l'abattre pour se défendre. Fuyant les siens, il survit sur les champs de bataille grâce à ses talents d'épéiste. Il rencontre enfin Griffith, celui qui fera basculer son existence. Ce dernier, chef d'une troupe de mercenaires, parvient à rallier Guts à sa cause. Le rêve de Griffith est d'obtenir son propre empire, et sa troupe va de victoires en victoires. Rien ne semble arrêter son ascension, mais une sombre prophétie lui est un jour dévoilée : son ambition sans limite entrainera tous ses proches à leur perte ...

berserk2Je ne vous en dis pas plus, mais vous aurez sans doute deviné que Guts et Griffith, autrefois frères d'armes, vont devenir d'impitoyables ennemis. Pourtant ne vous attendez pas à une une enième lutte manichéenne, ici on combat le mal par le mal. En effet Guts n'est pas un enfant de coeur, et c'est sa haine pour Griffith qui le pousse à se dépasser sans cesse. Il se lance à corps perdu dans des combats titanesques pour retrouver celui qui, à cause d'un rêve de puissance, a fait de sa vie un cauchemar.

Berserk nous plonge dans l'histoire de ce 'Guerrier Noir' qui garde les cicatrices de son passé. C'est un manga qui déchaîne les passions tant il retranscrit à la perfection tous les états de notre héros, de sa gloire à sa déchéance, de la lumière apportée par l'amour jusqu'à l'ombre qu'engendre la vengeance. Le tout est parfaitement maîtrisé par Miura dont le trait hyper réaliste évoque les livres d'histoires. Chaque tome apporte son lot d'excitation, alors pour résumer soyons clairs : si vous ne devez lire qu'un seul Seinen, choisissez Berserk : il nous promet encore bien des surprises !

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27 février 2007

Slam Dunk

finalsakuragiEncore un manga sportif et encore une fois un manga d'exception. Slam Dunk de Takehiko Inoue fait partie de ces oeuvres qui allient humour et action, parfois simultanément, et qui séduisent immédiatement quiconque à le bonheur de parcourir leurs pages.

L'histoire nous transporte dans la vie de Hanamichi Sakuragi, un imbécile heureux qui mène une vie de voyou et qui n'a jamais connu l'amour. Sa triste existence se déroule au fil des déceptions amoureuses et des bagarres quotidiennes. Après un énième refus, Sakuragi rencontre Akagi Haruko, une jeune passionnée de basket ainsi que son grand frère, le capitaine du club du lycée. Il s'agit du grand, du puissant et qui plus est zoomorphe, Akagi Takenori. Tombant directement amoureux de la jeune fille, Sakuragi décide d'entrer au club de basket pour impressionner la belle.

Mais le destin dans sa grande bienveillance a d'autres projets pour notre héros maladroit, et son but si peu sportif lui fera découvrir un univers qui petit à petit le passionnera. Mais sur le terrain, rien n'est simple...

Slam Dunk est un manga fort et beau. Le trait d'Inoue, à la fois réaliste et fantaisiste (notamment par les mimiques exercées par notre cher Sakuragi) aident le lecteur à se sentir plus proche des personnages et l'identification est plus rapide. Les émotions sont parfaitement retranscrites et nous plongent, lors des différents matchs, dans des états proches de la transe. On a vraiment l'impression d'être sur le terrain et de vivre en live ce que voient les joueurs.

slam_dunk1Mais le scénario n'est pas non plus en reste. Slam Dunk nous retrace le parcours initiatique d'un jeune garçon qui va changer d'attitude notamment grâce au sport et à l'amour. L'auteur cherche ainsi à nous montrer qu'une passion peut changer les gens et les rendre meilleurs. Les entraînements succèdent aux matchs et on aime à voir Sakuragi évoluer à mesure que les volumes défilent. Un manga fort par l'intensité de son action où le suspense est omniprésent et où les phases de jeux s'enchaînent à un rythme fou. Rarement un manga sportif n'a poussé aussi loin l'excitation chez le lecteur. Pour cela rendons hommage à maître Inoue.

Édité chez Kana, ce manga ravira les fans de basket ou tout simplement les amateurs de mangas de qualité. Car Slam Dunk c'est ça : l'alliance entre le désir de victoire et la recherche du dépassement de soi !

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23 février 2007

Eyeshield 21

finalsenaEyeshield 21 est le seul manga sportif japonais ayant pour thème le football américain et de ce fait il constitue un véritable bijou pour toute personne qui, comme moi, est intéressée par ce sport.

L'histoire nous dépeint la vie de Sena Kobayakawa, éternel larbin depuis son enfance, qui vient d'être accepté dans le lycée privé de Deimon. A peine sait-il qu'il est reçu que notre héros se fait alpaguer par deux énergumènes membres du club de football américain du lycée qui, grâce à un stratagème des plus fourbes, réussissent à connaître l'adresse ainsi que le numéro de téléphone de Sena.

Après moultes péripéties, celui-ci décide finalement de rejoindre l'équipe (ou plutôt s'en voit forcé) et de devenir un autre homme, un vrai ! L'atout principal de Sena se situe dans ses jambes car étant habitué à faire le coursier il s'est forgé des jambes solides et rapides. Surnommé Eyeshield 21 à son entrée dans le club il devient dès lors le running back de l'équipe. S'en suivra de nombreuses aventures, de nombreux matchs où Sena prendra confiance en lui et vaincra ses peurs. Parsemé de rencontres sera le chemin de notre héros, dont celle d'un personnage essentiel, le rival de Sena sur le terrain, le grand, puissant et ténébreux Seijuro Shin. Celui-ci, linebacker de son état est l'ennemi naturel du running back. Il motivera Sena par son génie, lui donnant un but à atteindre.

hiruma1Eyeshield 21, en plus de concerner un sport intéressant et captivant, est un manga de très bonne facture. Les dessins signés Yusuke Murata sont beaux et simples à la fois. Les phases sérieuses et pleines d'adrénaline (qui n'a pas ressenti d'excitation en lisant les différentes actions effectuées lors des matchs) succèdent aux passages humoristiques dans une logique parfaite.

Le travail de Riichiro Inagaki (scénariste) est également impressionnant : même si le manga suit une certaine logique propre aux mangas sportifs, les différents personnages apportent sans cesse de nouveaux éléments importants à l'évolution de l'histoire. Les protagonistes sont charismatiques et certains brillent par la profondeur de leur pensée. Notons tout de même un personnage d'exception en la personne de Yoichi Hiruma dit 'le démon'. Celui-ci est un véritable tortionnaire esclavagiste qui trouve toujours un moyen diabolique pour convaincre les autres lycéens de lui obéir. Les volumes se succèdent les uns après les autres et se terminent en général par une scène d'action particulièrement importante qui nous laisse sur une envie incroyable de lire le suivant.

Un manga passionnant, plein d'humour et de courage où le dépassement de soi est le maître mot et où amitié rime avec rivalité. Chacun se trouve un but et s'y tient. Je recommande ce manga à tous les amateurs de sport, d'adrénaline et d'humour efficace. Une oeuvre parmi les oeuvres.

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22 février 2007

Le Japon du Manga

finaltoriyama1Le Japon est , logiquement, le premier consommateur de manga au monde. Les japonais sont de très gros lecteurs et on estime que plus de 50% de la population achète au moins un manga par semaine. C'est une importante source de profit au pays du soleil levant. Le prix d’achat est beaucoup moins important que dans les pays importateurs : au Japon un volume coûte plus ou moins 400 yens (soit environ 3.10 euros). La vision du manga est différente en Asie et en Europe. En France par exemple le manga est considéré comme un objet de valeur, de collection, tandis qu’au Japon il est perçu comme un objet de grande consommation, presque comme quelque chose de quotidien.

La diffusion du manga ne se fait pas comme en Europe où ils sont en général bimensuels : le manga est d’abord pré-publié dans les pages d’hebdomadaires rattachés aux grandes maisons d’éditions. Les auteurs sont tenus de respecter des délais très stricts et de fournir un chapitre par semaine (ce qui vous vous en doutez est extrêmement contraignant). Un manga comportant en moyenne 10 chapitres il faut donc attendre plus de deux mois avant d’avoir le volume relié. En revanche les japonais ne tiennent pas aux hebdomadaires (qui sont un peu comme leur Parisien local) et ces mêmes magazines sont généralement jetés après lecture (précisons tout de même qu’ils sont fait en papier recyclé et donc prévu à usage unique). Le manga reste néanmoins une valeur sure de la distribution mondiale. En effet les 42 volumes de Dragon ball (Akira Toriyama, éditions Glénat) se sont vendus à 250 millions d’exemplaires dans le monde, un chiffre hallucinant qui surclasse certaines valeurs sures de la bande dessinée européenne comme les célèbres Aventures de Tintin.

Les dessinateurs sont nommés Mangaka et sont généralement d'anciens assistants d’autres auteurs. Ils peuvent au cours de certaines manifestations ou concours exposer leurs œuvres personnelles et ainsi être remarqués par des chercheurs de talents des différentes maisons de production. Les mangaka ont un rendement beaucoup plus important que les auteurs européens ou américains. Ils sont également mieux payés et publiquement reconnus. Si leurs œuvres fonctionnent bien et qu’elles sont par la suite adaptées à l’écran en Live (avec de vrais acteurs) ou en film d’animation, les Mangaka peuvent devenir très riches. Du fait de leur rythme acharné de publication, reflet de la mentalité japonaise, ils se consacrent uniquement sur la modélisation de leurs personnages et laissent les trames et autres décors à leurs assistants.
Certains Mangaka sont déjà mondialement connus tels que Akira Toriyama, précédemment cité, ou encore Ozamu Tezuka (Metropolis) qui est considéré comme le père du manga. Ils n'ont de cesse d'inspirer de nouvelles générations de dessinateurs.

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Island

finalvaanIsland est un Manwha, c'est à dire un Manga coréen et non japonais. C'est le premier, et sans doute pas le dernier spécimen de Manwha que nous évoquerons sur ce blog, car les auteurs coréens n'ont de cesse de nous prouver que leur talent vaut bien celui des japonais en matière de bande dessinée. Le succès d'oeuvres comme 'Le Nouvel Angyo Onshi' en est l'illustration même, et ce sont d'ailleurs les auteurs de ce dernier (Youn-In Wan et Yang Kyung-il) qui sont à l'origine d'Island. Ce dernier est paru en 7 volumes aux éditions Generation Comics.

Island est une histoire d'horreur utilisant comme toile de fond les légendes du folklore coréen. L'héroine de l'histoire, nommée Miho, est la fille d'un riche homme d'affaire de Seoul. Elle a d'ailleurs tout de la princesse trop gatée et capricieuse, et pour preuve : lorsqu'elle se fait larguer par son petit ami, elle joue des relations de son père pour trouver un travail d'enseignante loin de la ville. Et c'est sur la petite île de Chejudo que se porte son choix. Elle ne tarde pas à apprendre que l'île est associée à de nombreux contes à dormir debout, mettant en scène des esprits maléfiques, mais n'y accorde aucune attention. Malheureusement, elle ne tarde pas à découvrir que ces contes sont loin d'être imaginaires ...

En effet, à peine arrivée sur les lieux, Miho se voit attaquée par un Démon. Ce n'est que grâce à l'intervention de Vaan, un homme étrange qui a tout du psychopate, qu'elle est sauvée in extremis. Déterminée à rester sur l'île, il lui faut se rendre à l'évidence : les capacités mystiques de Vaan lui seront indispensables, bien que ce dernier soit lui même un présumé tueur en série. Elle passe donc un contrat avec lui : moyennant finances, il chassera un par un les démons qui hantent les alentours. Ce duo improbable fait ainsi face aux créatures et sera rejoint par d'autres acteurs aux étranges pouvoirs : le jeune exorciste John et de mystérieux agents d'Interpol venus du Japon ...

islandmiho2Island, non content de nous offrir une galerie des monstres riche et variée, fait de même avec ses personnages. Leur personnalité, au même titre que leur design, est très travaillée. Vaan, l'anti héros au passé mystérieux semble être un danger omniprésent pour Miho bien qu'il soit son allié. Et cette dernière est loin des héroines potiches : elle sait user de ses atouts et n'hésite pas à mettre la morale de côté. Leur duo est rafraichissant grâce à sa psychologie, qui nous change du manichéisme récurrent ...

Les thèmes abordés, tels que la vengeance, le désir ou encore la religion, illustrent bien le fait qu'Island concerne un public adulte. Ils constituent des supports solides pour un scénario intéressant, tout d'abord fractionné en petites aventures avant de constituer une histoire finale qui s'étend sur les derniers volumes. Les dessins sont remarquables et leurs nombreux détails donnent aux personnages un aspect très réaliste. Island est donc un très bon thriller surnaturel qui saura vous surprendre par son scénario innovant et intelligent, mêlant les mythologies anciennes et l'histoire de la Corée.

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